Le marché récompense ainsi ceux qui investissent au plus tôt dans les prévisions qui se réaliseront. On gagne d’autant plus que l’on a raison avant les autres.
Par ailleurs le prix de chaque prévision, négocié entre 0 et 100, reflète précisément le consensus collectif des traders sur la probabilité qu’elle se réalise. Un prix de 30 indique une probabilité de 30% ; un prix de 75 indique 75% de chances, etc.
Depuis que le premier marché prédictif moderne – via internet – fut mis en place par la business school de l’Université de l’Iowa il y a plus de 25 ans, cette forme d’intelligence collective a démontré, étude après étude et sur le terrain, une étonnante capacité à mieux prévoir le futur que les sondages d’opinions ou les experts attitrés. Quel que soit le domaine des prévisions – élections, géopolitique, sport, économie, cinéma, médecine – la supériorité du marché est à chaque fois vérifiée.
Déjà en 2003, au vu des performances de notre premier marché prédictif NewsFutures, le magazine New Yorker concluait : « Les traders de NewsFutures font comme les éditorialistes, commentateurs TV et conseillers du Président qui essaient quotidiennement de prévoir l'avenir. La différence est que le marché prédictif a bien plus de chances d'avoir raison. »
Quelques années plus tard, le magazine The Economist concluait en 2007 que : « les futurologues les plus écoutés de nos jours ne sont pas des individus mais les marchés prédictifs, où les pronostics d'une multitude de gens informés sont consolidés en probabilités fiables. »
Enfin, en 2013, l’éditorialiste du New York Times David Brooks voyait en cette méthode un avantage compétitif géopolitique : « Si j’étais le président Obama, ou John Kerry, je voudrais ces prévisions sur mon bureau. »
Il est impossible de quantifier de façon absolue la précision des marchés prédictifs car elle dépend de la difficulté intrinsèque à chaque prévision. Mais comme l’a écrit le magazine MIT Technology Review : « dans de nombreux cas, les marchés prédictifs sont étonnamment plus précis que d'autres formes courantes de prédictions telles que les sondages, les enquêtes, et les avis d'experts. »
Les résultats des travaux menés au cours des 25 dernières années montrent que :
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Comparaison des prévisions du marché prédictif de l'université de l'Iowa avec celles de 964 sondages (par divers instituts) au cours de 5 élections présidentielles U.S. (1988 Bush-Dukakis; 1992 Bush-Clinton; 1996 Dole-Clinton; 2000 Bush-Gore; 2004 Bush-Kerry). Le marché sur-performe 72,5% des sondages.
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Le prévisions d'un marché prédictif s'expriment le plus souvent sous forme de probabilités. La précision n'est donc mesurable que sur un grand nombre de prévisions. Il y a deux dimensions à considérer : la calibration et la discrimination.
Calibration - On dit que les prévsions sont bien calibrées si les évènements estimés plus probables se réalisent plus fréquemment. Par exemple, si l'on considère tous les évènements auxquels le marché à attribué 30% de probabilité, on devrait observer que 30% d'entre eux se réalisent. De même, 4 sur 5 des évènements cotés à 80% de probabilité devraient se réaliser.
Discrimination - On dit que les prévisions sont d'autant plus discriminantes qu'elles sont plus souvent proches des probabilités extrêmes : 0% ou 100%. Cela revient à être catégorique dans ses prévisions plutôt que d'admettre une marge d'erreur.
Seul Dieu lui même pourrait être à la fois parfaitement calibré et discriminant dans ses prévisions. En l'absence de ses bons conseils, s'il fallait choisir, la calibration est toujours préférable à la discrimination : mieux vaut une prévision floue mais plutôt juste, qu'une prévision catégorique mais fausse.

Les prévisions des marchés prédictifs sont toujours remarquablement calibrées, mais le niveau de discrimination dépend naturellement de la difficulté des prévisions, comme l'attestent les résultats ci-dessous, issus de marchés prédictifs opérant dans des domaines très divers.
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Malgré la simplicité apparente du concept ancestral des paris, un marché prédictif est en fait un système d'agrégation sophistiqué qui calcule bien plus qu'une simple moyenne des prévisions individuelles, comme le démontre une expérience récente qui a directement comparé les deux méthodes.
Les graphes ci-dessous représentent les prévisions de plusieurs centaines d'amateurs, recrutés dans le grand public, sur 109 questions géopolitiques suggérées pendant plusieurs mois par les agences de renseignement américaines dans le cadre du programme Aggregative Contingent Estimation (ACE) (dont est issue la technologie d'Hypermind). Les prévisions du marché sont à la fois beaucoup mieux calibrées et nettement plus discriminantes qu'une simple moyenne des prévisions individuelles.
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Il y a trois raisons principales au succès des marchés prédictifs. La première est qu’ils traitent une grande diversité d’opinions. Quand il s’agit de prévoir l’avenir d’une réalité complexe et multivariable, personne ne peut se prétendre doté d’un modèle idéal ou d’une théorie infaillible. Il est plus probable que chacun ne puisse concevoir qu’une partie de la vérité, elle-même brouillée par divers biais subjectifs. Cependant, il suffit de combiner ces insuffisances individuelles pour mettre au jour un étonnant phénomène : les parts de vérité se complètent, tandis que les biais s’annulent mutuellement. Le modèle collectif est ainsi globalement bien plus juste que les modèles individuels. La première force d’un marché prédictif est d’attirer comme un aimant une grande diversité d’opinions, car tous ceux qui ne sont pas d’accord avec le consensus actuel – le dernier prix du marché – sont encouragés à participer par les possibilités de profit.
Le second pilier de la puissance des marchés prédictifs est que le principe même du pari encourage l’expression des opinions contraires et informées, plutôt qu’une conformité respectueuse de la pensée unique. En effet, le seul moyen de tirer profit du marché est d’aller à l’encontre du consensus en pariant que le prix actuel est soit trop haut, soit trop bas. Ainsi, tous les points de vues informés se confrontent pour faire sans cesse évoluer l’opinion collective, tandis que le risque de pertes financières (même virtuelles) décourage les contributions de ceux qui n’ont rien à apporter au débat.
Enfin, en amenant les prévisionnistes à s’engager dans des paris, le marché les encourage à penser mieux : l’imagerie cérébrale révèle qu’un cerveau qui contemple un pari devient plus averse au risque. Il atténue les signaux émotionnels qui pourraient interférer avec sa performance cognitive et rationnelle. Notre façon de penser change pour devenir plus objective et moins influençable par nos passions et préférences. C‘est comme si le cerveau changeait de système d’exploitation : « Think Different » !
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Trading Uncertainty for Collective Wisdom Emile Servan-Schreiber
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Using Forecasting Markets to Manage Demand Risk Jay Hopman
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Prediction Markets: Does Money Matter? Emile Servan-Schreiber, Justin Wolfers, David Pennock & Brian Galebach
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Social Analytics: Tapping Prediction Markets for Foresight Ajit Kambil
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Predictocracy Market Mechanisms for Public and Private Decision Making Michael Abramowicz
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Information Markets A New Way of Making Decisions Robert Hahn & Paul Tetlock (Eds)
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